Déchets des mines et usines de concentration d’uranium

Les principaux types de déchets générés par l’extraction et le traitement du minerai d’uranium sont les résidus et les stériles.

Les résidus sont les déchets produits par le broyage du minerai et la concentration chimique de l’uranium. Lorsqu’ils sont secs, les résidus ont la même consistance que du sable fin.

Les stériles sont simplement des roches enlevées pendant les travaux d’excavation pour accéder au minerai. Les stériles contiennent peu ou pas d’uranium.

Les stériles sont séparés en stériles propres et en stériles minéralisés, d’après leur teneur en minerai.

Installation de gestion des résidus d’AREVA à McClean Lake, dans le nord  de la Saskatchewan
Installation de gestion des résidus d’AREVA à McClean Lake, dans le nord de la Saskatchewan

Les résidus et les stériles minéralisés doivent être gérés sur une longue période, car ils pourraient contenir des concentrations importantes d’éléments radioactifs (surtout du thorium 230 et du radium 226, et leurs produits de désintégration).  

Les résidus et les stériles minéralisés sont stockés dans des installations de gestion des déchets en surface et près de la surface. Ces installations sont situées près des mines et des usines de concentration.

Gestion des résidus

Les résidus sont stockés dans des installations de gestion des résidus (IGR) conçues pour empêcher le contact entre les résidus et l’environnement pendant une très longue période.

Les IGR se situent dans des mines à ciel ouvert épuisées ou dans des bassins en surface. Ces mines et bassins font appel aux caractéristiques géographiques et à des barrières artificielles, par exemple des barrages, pour retenir les résidus. Ils sont conçus de façon à empêcher que les eaux souterraines et les eaux de surface entrent en contact avec les résidus et soient contaminées.

Résidus

Règle générale, les résidus sont stockés sous l’eau afin de :

  • les empêcher de s’oxyder
  • créer un blindage contre le rayonnement des résidus
  • empêcher que la poussière à la surface des résidus soit balayée par le vent

Les résidus sont déposés dans l’IGR sous forme de boues. Les particules solides se déposent dans l’IGR, tandis que les liquides sont recueillis plus tard et traités dans une usine de traitement des eaux usées pour en retirer les contaminants.

Les effluents ainsi produits doivent respecter des critères de qualité avant qu’on puisse les rejeter dans l’environnement.

Au Canada, les résidus sont actuellement déposés dans des IGR sur les sites de Cameco Corporation à Key Lake et à Rabbit Lake, ainsi que sur le site d’AREVA à McClean Lake.

Toutes ces installations sont des IGR dans des mines à ciel ouvert, comme dans l’illustration ci-dessus.

Il existe aussi deux IGR inactives en surface sur les sites miniers de Rabbit Lake et de Key Lake.

Le minerai extrait des mines de McArthur River et de Cigar Lake est traité et les résidus sont entreposés sur les sites de Key Lake et de McClean Lake.

Gestion des stériles

En plus des résidus, les activités minières produisent de grandes quantités de stériles propres et de stériles minéralisés qui doivent être excavés pour libérer l’accès au gisement d’uranium.

Pendant les activités minières, les stériles propres et les stériles minéralisés sont empilés dans des piles distinctes, car leur gestion n’est pas la même.

Site  minier de Cameco à Rabbit Lake dans le nord de la Saskatchewan
Site minier de Cameco à Rabbit Lake dans le nord de la Saskatchewan

Les stériles propres peuvent être réutilisés dans les travaux de construction, par exemple comme granulat dans la fabrication du béton et dans la construction de routes.

Les stériles propres restant une fois les activités d’extraction terminées peuvent être laissés à la surface où ils sont remaniés de façon à se fondre dans l’environnement avant d’être revégétalisés.

Les stériles minéralisés contiennent soit du minerai de teneur faible qui n’a pas beaucoup de valeur, soit des concentrations élevées de minéraux secondaires.

S’ils sont laissés indéfiniment en surface, ces stériles risquent de produire de l’acide ou de libérer des contaminants à des taux qui pourraient avoir une incidence sur l’environnement local.

Pendant les activités d’exploitation minière, les stériles minéralisés sont déposés sur des revêtements imperméables.

Les eaux d’infiltration et de ruissellement provenant des piles de stériles minéralisés sont recueillies et traitées dans une usine de traitement des eaux usées pour en retirer les contaminants avant qu’ils soient rejetés dans l’environnement.

Dans la mesure du possible, les mines sont spécialement conçues de façon à réduire le volume de stériles minéralisés enlevés de la mine et à retourner ces stériles minéralisés dans la mine (comme remblai).

Pour assurer la gestion à long terme des stériles minéralisés, on les dépose dans des mines à ciel ouvert épuisées, on les recouvre de stériles propres (ou de till) et l’on protège avec des abris les piles en surface pour réduire au minimum l’infiltration d’eau et l’érosion. 

Mines et usines de concentration fermées et déclassées

Au Canada, il y a 20 IGR situées dans des mines d’uranium qui ont été fermées ou déclassées, soit 14 en Ontario, 4 en Saskatchewan et 2 dans les Territoires du Nord-Ouest.

La gestion à long terme de ces sites inactifs est assurée par leurs anciens propriétaires, par le gouvernement fédéral ou par le gouvernement provincial. La CCSN contrôle ces sites en assurant une étroite surveillance de leur entretien et de leur rendement en matière d’environnement.

Mines et usines de concentration fermées et déclassées au Canada

Installation

Lieu

Titulaire de permis

Mine Denison

Ontario

Denison Mines Ltd.

Canmet

Ontario

Denison Mines Ltd.

Stanrock 

Ontario

Denison Mines Ltd.

Quirke

Ontario

Rio Algom Limitée

Panel

Ontario

Rio Algom Limitée.

Spanish American

Ontario

Rio Algom Limitée.

Stanleigh

Ontario

Rio Algom Limitée.

Nordic

Ontario

Rio Algom Limitée.

Pronto 

Ontario

Rio Algom Limitée.

Zone de gestion des déchets d’Agnew Lake

Ontario

Ministère du Développement du Nord et des Mines de l’Ontario

Site minier Dyno Idle

Ontario

EWL Management Ltd

Site de gestion de la mine déclassée et des résidus miniers de Madawaska

Ontario

EWL Management Ltd

Bicroft

Ontario

Barrick Gold Corporation

Gunnar

Saskatchewan

Saskatchewan Research Council (continue d’être exempté)

Lorado

Saskatchewan

Saskatchewan Research Council

Cluff Lake 

Saskatchewan

AREVA Ressources Canada Inc.

Beaverlodge 

Saskatchewan

Société Cameco

Site minier inactif de Port Radium

Territoires du Nord-Ouest

Ministère des Affaires autochtones et du Développement du Nord Canada

Site minier inactif de Rayrock

Territoires du Nord-Ouest

Ministère des Affaires autochtones et du Développement du Nord Canada

Ontario

Carte montrant les anciennes  mines d’uranium et les zones de gestion des résidus dans le bassin  hydrographique de la rivière Serpent
Carte montrant les anciennes mines d’uranium et les zones de gestion des résidus dans le bassin hydrographique de la rivière Serpent

Quinze mines d’uranium sont entrées en production entre 1955 et 1960 dans les régions d’Elliot Lake et de Bancroft.

Dix des usines de concentration de la région d’Elliot Lake, et trois de la région de Bancroft, ont généré des résidus.

La dernière de ces mines a fermé ses portes et a été déclassée dans les années 1990.

Région d’Elliot Lake

On trouve 12 mines d’uranium inactives et 10 zones de gestion des résidus d’uranium (ZGR) dans la région d’Elliot Lake, en Ontario.

Toutes les mines d’uranium d’Elliot Lake sont entrées en production entre 1955 et 1958.

En 1970, cinq des mines avaient été fermées. Deux entreprises – Rio Algom Limitée et Denison Mines Inc. – ont exploité et déclassé les sites. Le déclassement a commencé en 1992 et a duré une dizaine d’années.

Depuis, toutes les mines ont été presque déclassées, tous les puits ont été recouverts ou obturés, toutes les structures ont été démolies, et tous les sites ont été paysagés et végétalisés (déclassement actif).

On surveille l’efficacité de la remise en état des sites et l’influence de leur environnement.

Le Programme de surveillance du bassin hydrographique de la rivière Serpent est un programme complet de surveillance de la qualité de l’environnement dans l’ensemble du bassin hydrographique et près du site Pronto, situé à l’extérieur du bassin versant.

Le programme a été conçu en consultation avec les autorités réglementaires des gouvernements fédéral et provincial, dont la CCSN. Des évaluations des activités de surveillance ont été présentées sous forme de rapports environnementaux périodiques.

Les conclusions de l’examen des données environnementales recueillies de 2005 à 2009 montrent que les rejets actuels dans l’environnement sont extrêmement faibles et qu’il n’y a pratiquement aucune incidence mesurable à l’extérieur des zones autorisées.

Agnew Lake

La mine d’Agnew Lake, située à environ 25 kilomètres au nord-ouest de Nairn Centre, en Ontario, a cessé ses activités en 1983.

Le site minier a été déclassé et surveillé par Kerr Addison Mines de 1983 jusqu’en 1988. Il a été confié au gouvernement de l’Ontario au début des années 1990.

La qualité de l’eau est analysée régulièrement afin de confirmer la réussite du projet de remise en état du site.

Berme de pied dans le site minier Dyno
Berme de pied dans le site minier Dyno

Région de Bancroft

On trouve également des installations de gestion des résidus d’uranium dans les mines Dyno, Bicroft et Madawaska, dans la région de Bancroft, en Ontario.

Les activités des mines Dyno et Bicroft ont cessé au début des années 1960, tandis que la mine Madawaska est inactive depuis 1983.

Les sites des mines Dyno et Madawaska sont gérés et surveillés par la société EWL Management Ltd.

Le site Bicroft est géré par la société Barrick Gold Corporation.

Des échantillons d’eau sont prélevés régulièrement afin de confirmer la réussite des projets de remise en état et de vérifier que les exigences sont respectées.

Ces sites ont été remis en état dans les années 1980 et 1990.

Saskatchewan

Site  de l’ancienne usine de concentration Beaverlodge
Site de l’ancienne usine de concentration Beaverlodge

La Saskatchewan compte quatre mines d’uranium fermées et déclassées, soit Cluff Lake, Beaverlodge, Lorado et Gunnar.

Cluff Lake

La société AREVA Resources Canada Inc. (AREVA) est titulaire d’un permis de déclassement de mine d’uranium pour le site de Cluff Lake.

Les activités d’extraction et de concentration d’uranium ont commencé en 1980 et se sont terminées en 2002. Un rapport d’étude complet a été accepté par la CCSN en 2004, ce qui a donné lieu à l’autorisation des activités de déclassement.

Le déclassement actif de l’usine de concentration, de la ZGR et des zones minières s’est déroulé de 2004 à 2006. Certaines infrastructures ont été conservées, ce qui permet aux activités de surveillance du site de se poursuivre tout en permettant à AREVA d’assurer une présence à temps plein sur le site.

En 2013, AREVA a présenté une demande d’autorisation de cesser d’assurer une présence à temps plein sur le site. La CCSN a accepté la demande, et le déclassement des infrastructures restantes a été effectué. Le site continuera d’être contrôlé quatre fois par année.

Beaverlodge

Cameco Corporation détient actuellement un permis d’exploitation d’installation de déchets pour ce site.

Les activités d’extraction et de concentration d’uranium ont commencé en 1952 et cessé en 1982.

Le déclassement a commencé en 1982. La phase active des travaux de déclassement s’est terminée en 1985. Depuis lors, la mine est en mode de surveillance et d’entretien.

Gunnar et Lorado

Le Saskatchewan Research Council (SRC) est titulaire d’un permis de déclassement des sites Gunnar et Lorado. Ces deux sites attendent toujours d’être entièrement déclassés.

Ces installations étaient exploitées dans les années 1950 et jusqu’au début des années 1960 par des sociétés privées qui ont depuis disparu. Les gouvernements du Canada et de la Saskatchewan assument les coûts d’assainissement.

Le personnel de la CCSN et celui du ministère de l’Environnement de la Saskatchewan inspectent régulièrement ces installations. 

Dernières annonces de la CCSN
Vidéos
Vue  aérienne du site minier déclassé de Port Radium
Vue aérienne du site minier déclassé de Port Radium

Territoires du Nord-Ouest

Deux sites de mine d’uranium et de résidus autorisés se trouvent dans les Territoires du Nord-Ouest : la mine de Port Radium et le site minier de Rayrock. Les deux sites sont fermés et autorisés.

Port Radium

La mine de Port Radium est située dans les Territoires du Nord-Ouest, à Baie Écho, sur la rive est du Grand lac de l’Ours, à environ 265 kilomètres à l’est de la communauté dénée de Deline, en bordure du cercle polaire arctique.

Des activités d’extraction se sont déroulées à la mine de Port Radium de 1932 à 1940, de 1942 à 1960, et, enfin, de 1964 à 1982. Dans le dernier cas, c’était à des fins de récupération de minerai d’argent.

Le site a été partiellement déclassé en 1984 en conformité avec les normes de l’époque. En 2006, le gouvernement du Canada a conclu une entente avec la communauté locale et parachevé la restauration du site en 2007 au titre d’un permis de la CCSN.

Des échantillons d’eau sont prélevés régulièrement afin de confirmer la réussite du projet de remise en état. 

Vue  aérienne du site Rayrock
Vue aérienne du site Rayrock

Rayrock

Des activités d’extraction et de concentration d’uranium se sont déroulées à la mine Rayrock de 1957 jusqu’en 1959, année de l’abandon de la mine.

Le gouvernement du Canada a déclassé et assaini le site Rayrock (notamment en recouvrant les résidus) en 1996.

Depuis 1996, le rendement fait l’objet d’une surveillance dont les résultats sont diffusés.

Des échantillons d’eau sont prélevés régulièrement afin de confirmer la réussite du projet de remise en état.

Sites exemptés

Il existe 78 mines historiques de radium ou d’uranium sans résidus au Canada. Elles remontent aux années fastes de l’extraction de l’uranium (des années 1930 aux années 1960).

Ces sites, appelés « mines inactives », ont été exemptés de la réglementation de la CCSN, car le risque qu’ils présentent est faible.

On se prépare actuellement à réglementer les mines inactives à des fins de sûreté, en vertu des lois provinciales et territoriales sur l’exploitation minière et sur l’aménagement des terres.

Les sites se trouvent surtout dans la région d’Uranium City, en Saskatchewan, et de Bancroft, en Ontario. Il y a d’autres sites dans les Territoires du Nord-Ouest.

Le minerai provenant de ces petites mines a été transporté ailleurs pour qu’il puisse être soumis à un traitement sur mesure. Par conséquent, il ne reste aucun résidu d’uranium sur les sites.

Les caractéristiques physiques et radiologiques de ces mines inactives ne sont pas différentes de celles des mines classiques.