Réfection et prolongation de la durée de vie d'une centrale nucléaire

La réfection d'une centrale nucléaire

Il est possible de prolonger la durée de vie d’une centrale nucléaire de plusieurs décennies grâce à des projets de réfection visant à moderniser et à améliorer l’équipement et les systèmes importants afin de soutenir l’exploitation à long terme.

En plus de l’entretien, du remplacement ou de la modification des composants, la réfection d’une installation permet aussi de renforcer la sûreté grâce à la modernisation et à la mise à niveau de la technologie et des connaissances.

La CCSN supervise les projets de réfection – de la planification initiale avant l’arrêt du réacteur, à sa remise en service.

Note sur la sûreté

Si nous voyons qu’il y a des modifications à apporter pour améliorer la sûreté, nous n’attendons pas un projet de réfection!

Plusieurs améliorations et mises à niveau sont effectuées pendant des arrêts prévus pour entretien, tout au long de la durée de vie d’un réacteur.

Préparatifs en vue d'un projet de réfection

Avant d’autoriser un projet de réfection, la CCSN exige qu’une évaluation technique soit réalisée.

Deux éléments importants de l’évaluation technique sont l’évaluation environnementale (EE) et l’examen intégré de la sûreté (EIS).

Évaluation environnementale

Une évaluation environnementale (EE) est réalisée dans le cadre du processus d’autorisation d’un projet de réfection d’une centrale nucléaire.

Les tranches 1 et 2 de la centrale nucléaire de Bruce-A ont été remises en service en 2013 et 2012 à la suite de leur réfection.

Elle cible les répercussions sur l’environnement et la santé humaine associées aux travaux de réfection et de la prolongation de la période d’exploitation de l’installation de plusieurs décennies.

Pour que la CCSN autorise les travaux de réfection, le promoteur de projet doit prouver que des dispositions adéquates seront prises pour protéger l’environnement et préserver la santé et la sécurité de la population.

Puisque l’EE est exhaustive, elle porte également sur les travaux d’agrandissement de l’installation (pour la gestion des déchets générés lors des travaux de réfection et de l’exploitation continue).

De nombreuses études sont effectuées pendant une EE – chacune d’entre elles porte sur des éléments différents, comme les répercussions sur l’eau, les animaux, les végétaux, la qualité de l’air et la santé humaine.

Pendant le processus d’autorisation, le public aura l’occasion de participer à des séances d’information ou des activités de consultation propres à l’EE, entre autres.

La CCSN offre du financement pour aider les parties intéressées et les groupes autochtones à y participer.

Des audiences publiques ont lieu à la fin du processus d’autorisation pour que le public puisse examiner les résultats.

Ces audiences donnent à la Commission l’occasion de connaître le point de vue de toutes les parties intéressées, y compris le promoteur du projet, le personnel de la CCSN, les experts techniques et le public.

Examen intégré de la sûreté

Réalisé parallèlement à l’EE, l’examen intégré de la sûreté (EIS) aide à cerner toutes les améliorations en matière de sûreté qu’il est possible d’apporter pendant les travaux de réfection.

Travaux sur le réacteur à la centrale de Point Lepreau remise en service en 2012 à la suite de sa réfection

Travaux sur le réacteur à la centrale de Point Lepreau, exploitée par Énergie NB, qui a été remis en service en 2012 à la suite de sa réfection.

L’EIS consiste en l’examen rigoureux des systèmes, des structures et des composants d’un réacteur en fonction des normes actuelles, de l’expérience, des pratiques exemplaires et des résultats de recherches.

L’EIS porte sur un large éventail de sujets liés à la sûreté (p. ex. plan de la centrale, qualification environnementale et étude probabiliste de la sûreté).

L’EIS mise sur des pratiques internationales pour déterminer si d’autres systèmes de secours doivent être mis en place pour renforcer les capacités de l’installation à prévenir des accidents et à en atténuer les conséquences, le cas échéant. L’EIS permet de déterminer les modifications raisonnables et pratiques à effectuer pour améliorer la sûreté de l’installation à un niveau se rapprochant du niveau de sûreté des centrales modernes, et permettre une exploitation à long terme.

Cette mesure fait également partie du plan d’action de la CCSN pour l’après-Fukushima, conçu pour gérer des situations très peu probables.

Comme pour les EE, l’EIS fait l'objet d’un examen du public, et des audiences publiques ont lieu pour examiner les résultats.

Décision d'autorisation

La CCSN n’approuve un projet de réfection que si elle est convaincue que le promoteur du projet a cerné toutes les améliorations en matière de sûreté qu’il est possible d’apporter pour que les installations respectent les normes actuelles.

Le permis pour la réfection des installations énonce les conditions que doit respecter l’exploitant avant de pouvoir recharger du combustible dans le réacteur et le remettre en marche.

Exécution du projet

Pendant l’exécution du projet, la CCSN vérifie que les travaux sont effectués selon les plans, et que les améliorations en matière de sûreté sont conformes aux codes, mises en place et en service.

Tout comme lors des opérations normales, une équipe d’inspecteurs de la CCSN est sur les lieux tout au long du projet pour vérifier la sûreté et la conformité aux dispositions du permis.

Le personnel de la CCSN compte également des spécialistes techniques de diverses disciplines qui examinent régulièrement le déroulement du projet pour veiller au respect des exigences réglementaires et des conditions du permis.

La CCSN rend compte publiquement des résultats de ses inspections.

Faites la réfection d’une centrale nucléaire virtuelle

Faites la réfection d’une centrale nucléaire virtuelle et apprenez-en plus sur la planification et le processus d’autorisation.

Note sur la sûreté

Pendant les travaux de réfection, le réacteur est déchargé de son combustible et vidé de caloporteur, et certains des systèmes inaccessibles en temps normal sont ouverts pour permettre l’inspection et le remplacement de pièces, au besoin.

Minimisation des déchets

Le principe de « réutilisation, réduction et recyclage » est suivi tout au long de la réfection pour minimiser la quantité de déchets jetables.

Pendant la planification initiale, le titulaire de permis détermine quelles pièces peuvent être remises en état et réutilisées de façon sécuritaire pour 25 ou 30 autres années.

Après leur remise en état, ces pièces sont soumises à des inspections et à des tests rigoureux avant leur réutilisation dans le réacteur.

La plupart des déchets produits pendant la réfection ne sont pas radioactifs et peuvent être recyclés. La réduction constitue un autre aspect de la gestion des déchets radioactifs.

Les déchets radioactifs sont divisés soigneusement selon leur type et leur nature, ce qui en minimise la quantité.

Par exemple, les déchets volumineux de faible activité, comme les articles vestimentaires ou les lingettes, peuvent être incinérés dans des installations spécialement conçues pour réduire leur volume. De plus, les pièces de métal peuvent être coupées et comprimées avant d’être stockées dans des conteneurs spéciaux.

Remise en service

Une fois les activités de réfection et les inspections terminées, la CCSN surveille de près le rechargement et la remise en service du réacteur.

La remise en service se fait très graduellement – sur plusieurs mois – pour permettre la vérification de la sûreté de tous les systèmes.

Le processus de remise en service comporte des activités menant à des points d’arrêt réglementaires. Le titulaire de permis doit obtenir l’approbation de la CCSN avant de passer d’une étape (point d’arrêt) à la prochaine. La CCSN doit notamment approuver le rechargement, l’approche de la criticité et l’augmentation du pouvoir à plus de 50 %.

Chaque étape permet de vérifier que tous les tests nécessaires ont été effectués adéquatement, ce qui permet de veiller au fonctionnement sécuritaire des systèmes.

Réglementation

La CCSN possède une vaste expérience en réglementation de projets de réfection.

Jusqu’à présent, cinq réacteurs ont fait l’objet d’une réfection au Canada :

  • Pickering, tranche 1
  • Pickering, tranche 4
  • Bruce A, tranche 1
  • Bruce A, tranche 2
  • Point Lepreau

Toutes les leçons retenues de ces projets sont intégrées aux projets de réfection à venir.

International

La CCSN est résolue à toujours s’améliorer, et échange de l’information avec d’autres organismes de réglementation nucléaire nationaux et organisations internationales (comme l’Agence internationale de l'énergie atomique, un organisme des Nations unies).

La CCSN travaille particulièrement de près avec d’autres organismes de réglementation de réacteurs CANDU.

Recherche

Les exploitants de centrales nucléaires financent plusieurs initiatives de recherche à l’appui de projets de réfection et de prolongation de la durée de vie.

Par exemple, le secteur se penche sur des questions comme l’obsolescence ou le vieillissement des structures et des composants, et effectue de la recherche de pointe sur les risques d’incidents internes (p. ex., incendies) et externes (p. ex. vents violents et tremblements de terre).

Les résultats et conclusions de ces projets font partie de l’évaluation, par des experts de la CCSN, de l’exploitation sûre à long terme.

En plus d’appuyer ses décisions sur les meilleures connaissances scientifiques existantes, la CCSN finance également ses propres programmes et initiatives de recherche de façon indépendante.

La recherche porte sur une vaste gamme de sujets, allant d’études sur la santé des travailleurs du secteur nucléaire et des collectivités d’accueil, à des études techniques détaillées sur le vieillissement et la fiabilité des composants de réacteurs.

Cette recherche est souvent réalisée grâce à l’appui de tiers indépendants ou en collaboration avec des partenaires nationaux et internationaux qui fournissent de l’expertise précieuse, des installations modernes et les meilleures données existantes.

La CCSN favorise l’utilisation d'évaluations indépendantes par des pairs, et encourage les membres du personnel technique à présenter des articles pour publication dans des revues scientifiques.