Sommes-nous prêts à l’inconcevable? Veiller à la sûreté nucléaire après l’accident de Fukushima

Au moment de nous rappeler les gens qui ont trouvé la mort ou ceux dont la vie demeure touchée à la suite de l’important tremblement de terre Tohoku au nord-est du Japon et les séquelles de l’accident nucléaire à la centrale nucléaire de Fukushima survenu en mars 2011, nous devons renouveler notre engagement pour veiller à la sûreté et à la sécurité des installations nucléaires dans le monde entier.

La crise survenue il y a dix ans a permis au secteur nucléaire d’apprendre d’importantes leçons – et de mettre en œuvre d’importantes réformes et améliorations. Il ne faut toutefois pas se reposer sur nos lauriers. Nous pouvons faire bien plus encore.

Nous devons améliorer davantage notre culture de sûreté. Il faut notamment effectuer des exercices d’urgence dans des scénarios qui peuvent sembler improbables. De tels exercices permettent d’acquérir des connaissances et de l’expérience et d’atteindre l’excellence opérationnelle. Ils aident à créer un milieu où les décisions sont prises en fonction des faits – et où les facteurs dont il faut tenir compte dépassent les risques immédiats à court terme, qu’il s’agisse de décisions que prennent des organismes de réglementation, un conseil d’administration ou des décideurs.

Nous devons établir des normes à l’échelle nationale et internationale et donner des conseils sur la récupération après un accident. Personne ne se plaît à imaginer un autre accident nucléaire. Il nous incombe toutefois de prévoir tous les scénarios possibles, aussi improbables soient-ils. Il reste encore du travail à faire pour établir des lignes directrices concernant le retour de la population sur les lieux touchés – et pour comprendre les effets du rayonnement à faible dose sur la santé.

Nous devons continuer d’améliorer les façons dont nous communiquons avec les gens – et, en particulier, la façon dont nous les écoutons et dont nous parlons du risque avec eux. D’une part, nous avons plus de façons que jamais de communiquer avec le grand public. D’autre part, il peut être difficile ces temps-ci de faire ressortir l’essentiel du contenu transmis, surtout lorsque le message est de nature technique. Il incombe aux exploitants et aux organismes de réglementation de trouver des façons de communiquer qui trouvent un écho chez les gens et qui ont un impact – pour qu’un plus grand nombre de personnes comprennent la réalité actuelle du secteur nucléaire.

Nous devons établir des protocoles de sûreté et des priorités relatives aux mesures d’urgence qui suivent le rythme des difficultés d’aujourd’hui. Nous vivons à une époque où les catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes et désastreuses. Les pannes de courant récentes au Texas et dans les régions environnantes ont pris par surprise les autorités et ont entraîné de terribles conséquences. À mesure que les changements climatiques deviennent plus volatils, nous devons explorer le besoin d’améliorations aux infrastructures qui ne sont pas forcément directement liées au secteur nucléaire – mais qui peuvent néanmoins améliorer la sûreté nucléaire et l’état de préparation.

Nous devons nous assurer que la réglementation nucléaire ne sert pas de barrière inutile à l’adoption de formes encore plus sûres d’énergie nucléaire. Les organismes de réglementation existent pour protéger les personnes du risque – pas du progrès. Au moment où nous nous efforçons d’assurer les normes les plus rigoureuses en matière de sûreté, nous devons veiller à ne pas entraver l’efficacité et l’innovation. Est-ce que nos cadres et exigences en matière de réglementation sont adaptés aux technologies actuelles – et émergentes? Les organismes de réglementation compétents et bien dotés sur le plan des ressources peuvent tenir un rôle précieux en vue de façonner un avenir nucléaire qui est à la fois sûr et novateur.

À mesure que l’information et la technologie rapprochent les habitants de la planète, que se poursuivent les changements climatiques, que surviennent de nouveaux risques et que perdurent des risques connus, nous devons demeurer vigilants. Nous devons être prêts à remettre en question nos suppositions – et à changer d’idée. Nous devons mettre l’accent sur la prévention, l’intervention et, s’il y a lieu, sur l’atténuation.

Par-dessus tout, par contre, nous ne devons jamais perdre de vue le fait que la sûreté demeure notre priorité et que la collaboration fait notre force.

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