Une étude sur la santé examine les données de 80 000 travailleurs de l’uranium

Vous êtes-vous déjà posé des questions sur la santé et la sécurité des personnes qui travaillent dans les mines et les usines de concentration d’uranium ou d’autres sites au Canada et qui manipulent régulièrement des matières naturellement radioactives comme l’uranium dans le cadre de leur travail? Ce sont les questions que se posent les épidémiologistes Mme Rachel Lane, Ph. D., et Mme Kristi Randhawa, de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), qui dirigent une étude de quatre ans sur la santé à long terme des travailleurs de l’uranium afin de trouver de nouvelles preuves sur le rôle du radon dans le cancer du poumon.

Certains des règlements en matière de santé et de sécurité les plus stricts au monde protègent les Canadiens qui travaillent dans des endroits où l’uranium est extrait, concentré, traité et transformé. Les travailleurs et l’air qu’ils respirent font l’objet d’un contrôle régulier de l’exposition au rayonnement, en particulier au radon, qui est libéré lorsque l’uranium se désintègre. En fait, les travailleurs d’aujourd’hui ont souvent une exposition au radon inférieure à l’exposition naturelle dans les collectivités locales avoisinantes.

Des études antérieures ont révélé que dans l’ensemble, les travailleurs de l’uranium sont en aussi bonne santé que le reste d’entre nous. Le cancer du poumon était la seule maladie liée au rayonnement pour laquelle les taux de mortalité chez les travailleurs des mines d’uranium étaient plus élevés que ceux de la population masculine en général. C’est pourquoi Mmes Lane et Randhawa ont estimé qu’il était important de mettre à jour ces études et d’approfondir notre compréhension de la relation entre le radon et le cancer du poumon.

L’équipe de la CCSN ne sera seule pour explorer ces relations. Mme Anne Leis, Ph. D., et Mme Punam Pahwa, Ph. D., du Département de santé communautaire et d’épidémiologie de l’Université de la Saskatchewan, dirigeront une analyse statistique des données sur la santé de près de 80 000 travailleurs canadiens. Cette vaste étude examinera les causes de décès, en remontant jusqu’en 1950, et les données sur le cancer, à partir de 1970, pour tous les types de travailleurs de l’uranium.

Ces 70 années de données sur la mortalité et 50 années de données sur le cancer, ainsi que les données sur les travailleurs contrôlés pour les expositions professionnelles au rayonnement ionisant, donneront un réel aperçu des résultats sur la santé à long terme.

Une foule d’experts, notamment des spécialistes du rayonnement, des représentants syndicaux, des représentants de communautés autochtones et des universitaires, soutiendront également ces travaux. Ces partenaires tiendront leurs réseaux et communautés informés au fil de l’étude et chercheront à s’assurer que le processus et les résultats demeurent pertinents et significatifs.

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