Résumé du Rapport d’examen de la protection de l’environnement : raffinerie de Blind River

Ce résumé du rapport d’examen de la protection de l’environnement est présenté afin d’illustrer l’évaluation technique effectuée par le personnel de la CCSN de l’efficacité des titulaires de permis à préserver la santé humaine et à protéger l’environnement dans les collectivités où ils mènent leurs activités.

Sur cette page :

Au sujet de l’installation

Cameco Corporation est propriétaire de la raffinerie de Blind River, située à mi-chemin entre Sault Ste. Marie et Sudbury, sur la rive nord du lac Huron. En vertu de son permis d’exploitation, Cameco est autorisée à transformer le concentré d’uranium naturel (aussi appelé yellowcake) en trioxyde d’uranium naturel (UO3). Ce produit intermédiaire du cycle de combustible nucléaire est ensuite expédié vers l’installation de conversion de Cameco à Port Hope (Ontario), pour y être traité ultérieurement.

Au sujet du rapport

Le résumé qui suit présente les domaines d’intérêt clés tirés du rapport d’examen de la protection de l’environnement sur la raffinerie de Blind River. Il s’agit d’une partie seulement de l’information contenue dans le rapport intégral.

Le rapport contient les conclusions du personnel de la CCSN sur son examen des mesures de protection de l’environnement prises par Cameco, notamment les rejets potentiels dans l’environnement liés à l’exploitation normale et les risques des substances radioactives et des substances dangereuses pour l’environnement et la santé humaine. Le rapport s’appuie sur l’information fournie par Cameco (en anglais) et sur les évaluations techniques de la CCSN, dont les suivantes :

Dans l’ensemble, le personnel de la CCSN a constaté que Cameco continue de mettre en œuvre et de maintenir des mesures de protection de l’environnement efficaces pour protéger adéquatement l’environnement et la santé des personnes qui vivent à Blind River ou aux alentours. Il a aussi conclu que les risques pour l’environnement que posent les rejets observés au cours des cinq dernières années ne peuvent être distingués du rayonnement de fond naturel, et que les risques pour la santé sont semblables aux risques pour la santé de la population générale dans d’autres parties de la province.

Surveillance environnementale

Dans le secteur nucléaire, toutes les sortes de contaminants rejetés par une installation constituent des rejets. Ce rapport examine différents types de rejets et leurs impacts possibles sur le sol, l’air et l’eau aux alentours de la raffinerie de Blind River, ainsi que tous les impacts possibles sur la santé humaine.

Cameco doit surveiller ses rejets et les évaluer par rapport à des limites préétablies. Elle fait ensuite rapport de ses résultats à la CCSN et à d’autres ordres de gouvernement. La CCSN vérifie ces données en effectuant des inspections et des examens des programmes de protection de l’environnement de Cameco, ainsi qu’en se servant d’outils comme le PISE (voir la Surveillance de la CCSN).

Surveillance de la CCSN

Dans le cadre du PISE, le personnel de la CCSN prélève des échantillons d’air, d’eau, de sol, de sédiments, de végétation ou d’aliments locaux comme la viande ou les légumes, dans des endroits publics près d’installations nucléaires. Ces endroits peuvent comprendre des parcs, des fermes et des plages. Les échantillons sont ensuite analysés au laboratoire de la CCSN afin de détecter la présence de contaminants liés aux activités de chaque installation.

Le personnel de la CCSN a effectué un échantillonnage dans le cadre du PISE aux alentours de la raffinerie de Blind River en 2013, 2014, 2017 et 2018.

Les spécialistes ont analysé les échantillons au laboratoire de la CCSN, à Ottawa. Les niveaux d’uranium, de nitrates et de pH de tous les échantillons analysés en 2018 étaient inférieurs aux recommandations applicables et semblables aux résultats obtenus des campagnes d’échantillonnage de 2013, 2014 et 2017.

Notre page du PISE contient d’autres renseignements à ce sujet, y compris les résultats détaillés de l’échantillonnage.

Surveillance de Cameco

Air : rejets atmosphériques

Cameco utilise une variété d’équipement de contrôle de la pollution afin de réduire les rejets atmosphériques. On compte les dépoussiéreurs à sac filtrant, qui utilisent des sacs en tissu ou des filtres à cartouche pour enlever les matières particulaires d’un gaz avant de le décharger dans l’air. La majorité des rejets atmosphériques d’une installation proviennent des cheminées : l’absorbeur, la cheminée d’évacuation du système de captage de poussières et l’incinérateur. Des échantillonneurs de poussière recueillent des échantillons des flux de gaz des cheminées afin de mesurer les particules. La cheminée de l’absorbeur dispose également d’un analyseur pour mesurer les rejets d’oxyde d’azote.

Rejets atmosphériques moyens hebdomadaires
Source Paramètre 2015 2016 2017 2018 2019 Limites autorisées
Cheminée d’évacuation du système de captage de poussières Uranium (g/h) 0,05 0,05 0,04 0,05 0,05 100
Absorbeur Uranium (g/h) 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 100
Oxyde d’azote (kg/h) 2,5 1,6 1,8 2,3 3,3 56
Toutes les cheminées Particules (g/h) 6,2 6,4 7,6 9,8 12 11 000

Les résultats de la surveillance montrent que les rejets atmosphériques d’uranium, d’oxyde d’azote et de particules ont toujours été inférieurs de plusieurs ordres de grandeur aux limites autorisées pendant toute la période de surveillance. Par conséquent, le personnel de la CCSN a conclu que les rejets de l’installation n’ont pas d’impact sur les personnes et l’environnement local.

Eau : rejets liquides

Cameco surveille les concentrations d’uranium, de nitrate et de radium-226 ainsi que le pH dans les effluents rejetés par l’installation. Les effluents liquides sont stockés dans trois bassins de traitement. L’installation utilise également un bassin d’eaux pluviales pour recueillir les eaux de ruissellement superficielles provenant des surfaces pavées sur le site, lesquelles sont également acheminées vers l’un des trois bassins de traitement avant d’être rejetées. Cameco rejette ensuite les effluents traités dans le chenal nord du lac Huron par la canalisation de sortie et le diffuseur, ce qui permet de diluer la concentration des effluents d’au moins 100 fois.

Concentrations moyennes dans les effluents liquides
Paramètre 2015 2016 2017 2018 2019 Limites autorisées
Uranium (mg/L) 0,02 0,01 0,01 0,01 0,01 2
Nitrate (mg/L) 13 11 14 20 21 1 000
Radium-226 (Bq/L) <0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 1

Les résultats de surveillance montrent que les rejets d’eau (effluents liquides traités) étaient bien en deçà des limites autorisées, ce qui a mené le personnel de la CCSN à conclure que le traitement des effluents liquides par Cameco permet de protéger adéquatement la santé des personnes et l’environnement aux alentours du lac Huron.

Sol : dépôts sur le sol

Tous les ans, Cameco prélève des échantillons de sol pour surveiller les effets à long terme des rejets atmosphériques sur la qualité des sols.

Les concentrations maximales d’uranium dans le sol mesurées près de l’installation étaient légèrement supérieures aux niveaux de fond naturels de l’Ontario (jusqu’à 2,5 microgrammes par gramme [µg/g]), mais elles étaient nettement inférieures à la recommandation la plus restrictive en matière de qualité des sols fixée par le Conseil canadien des ministres de l’environnement.

Résultats de la surveillance des sols en ce qui concerne l’uranium (0 à 5 cm de profondeur)
Paramètre 2015 2016 2017 2018 2019 Recommandations pour la qualité des sols
Concentration moyenne d’uranium dans un rayon de 1 000 m (µg/g) 3,8 1,5 1,6 2,0 2,1 23
Concentration moyenne d’uranium au-delà de 1 000 m (µg/g) 1,4 0,5 0,6 0,7 1,0
Concentration maximale d’uranium (µg/g) 9,7 2,9 2,8 3,7 3,8

Remarques : Les distances sont mesurées à partir du périmètre de l’installation. La concentration maximale d’uranium représente le niveau le plus élevé dans les résultats d’analyse des échantillons qui sont prélevés à 9 endroits tous les ans.

Les résultats de surveillance montrent que les rejets atmosphériques n’ont pas contribué à une accumulation d’uranium dans les sols environnants. Selon les analyses qu’il a effectuées, le personnel de la CCSN a conclu que l’installation ne contribue pas à une accumulation d’uranium dans les sols environnants.

Santé humaine

Surveillance des doses reçues

Lorsque du rayonnement ionisant pénètre dans le corps humain ou dans la matière, il leur transmet de l’énergie. L’énergie absorbée par suite de l’exposition au rayonnement porte le nom de dose. Conformément à la réglementation de la CCSN, la dose maximale pour le public est de 1 mSv (millisievert) par an, ce qui est bien inférieur aux niveaux susceptibles d’entraîner des effets sur la santé humaine.

Pour son calcul de la dose efficace reçue par les personnes vivant près de l’installation, Cameco s’est penchée sur différents groupes de résidents :

  • les résidents du lotissement Lantain, qui est le plus proche de l’installation
  • la collectivité de la Première Nation de Mississauga
  • les résidents habitant sur le chemin Colonization à l’est de l’installation
  • une résidence située à environ 2 km au nord-est de l’installation, du côté sud de la Route 17
  • les employés saisonniers du Huron Pines Golf and Country Club situé à côté de l’installation
  • les employés travaillant à temps plein sur le terrain de la compagnie d’électricité à environ 1,3 km au nord-nord-est de l’installation

Cameco a également tenu compte de la manière dont les résidents de tous âges auraient pu être exposés aux substances radiologiques, comme en respirant l’air extérieur, en consommant des poissons, du gibier et du gibier à plumes locaux, en consommant de l’eau ou après avoir ramassé des objets trouvés au sol.

Au cours des cinq dernières années de surveillance, la dose résultant de l’exposition à des matières radioactives dans l’air et dans l’eau ainsi qu’à des matières stockées sur le site est demeurée constante à 0,005 mSv par année. Cette dernière constitue la dose la plus élevée reçue par une personne vivant et travaillant à proximité de l’installation par suite des opérations courantes et des rejets antérieurs.

Étant donné que la dose de 0,005 mSv est bien inférieure à la limite de dose annuelle de 1 mSv, le personnel de la CCSN a déterminé que les rejets radiologiques posent un risque négligeable pour la santé humaine.

Études sur la santé

L’examen et la réalisation d’études sur la santé constituent une autre façon pour le personnel de la CCSN de s’assurer que les personnes vivant à proximité des installations nucléaires sont protégées. Les études sur la santé de la population et des collectivités indiquent que les causes fréquentes de décès au sein de la population d’Algoma (y compris Blind River) sont les maladies du cœur, le cancer du poumon et la démence. Or, une situation similaire est observée dans le reste du Canada, où les maladies du cœur et les cancers sont les deux principales causes de décès.

Pour obtenir un aperçu de la santé de la population habitant à proximité de l’installation, le personnel de la CCSN a examiné différentes ressources, telles que les suivantes :

  • Algoma Community Health Profile, septembre 2018 (en anglais)
  • Algoma Cancer Report, 2015 (en anglais)
  • études sur la santé menées dans des collectivités similaires, comme Port Hope (Ontario), où l’industrie du raffinage et du traitement du radium et de l’uranium et de la fabrication de produits contenant ces éléments existe depuis 1932
  • autres études, comme l’International Pooled Analysis of Uranium Workers (en anglais)

Selon les données sur l’exposition et la santé, le personnel de la CCSN n’a pas observé et ne s’attend pas à observer d’effets nocifs sur la santé des personnes de la région en raison de l’exploitation de l’installation.

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