Attentes réglementaires relatives à l'étalonnage des radiamètres

1.0 Introduction

Les règlements de la CCSN exigent que les radiamètres soient étalonnés pour que les personnes qui les utilisent soient assurées que l’appareil fonctionne correctement et que la lecture obtenue corresponde aux conditions réelles.

Cette annexe décrit les attentes de la CCSN envers les demandeurs et titulaires de permis pour satisfaire aux exigences réglementaires applicables à l’étalonnage des radiamètres.

Aucun élément de cette annexe ne peut être interprété de manière à signifier que la CCSN délivre une autorisation, une accréditation ou un permis autorisant des personnes à étalonner des radiamètres. Le titulaire de permis a la responsabilité de s’assurer que toute personne étalonnant un radiamètre pour son compte est en mesure de le faire conformément aux exigences réglementaires de la CCSN et aux attentes précisées dans ce document.

2.0 Fondement réglementaire

Les exigences réglementaires visant l’étalonnage des radiamètres sont précisées à l’article 20 du Règlement sur les substances nucléaires et les appareils à rayonnement et au paragraphe 18(2) du Règlement sur les installations nucléaires et l’équipement réglementé de catégorie II.

« Il est interdit d’utiliser, pour l’application de la Loi, de ses règlements, d’un ordre, d’une ordonnance ou d’un permis, un radiamètre qui n’a pas été étalonné au cours des douze mois précédant son utilisation. »

3.0 Attentes du programme relatives à l’étalonnage des radiamètres

Pour satisfaire aux exigences réglementaires, les demandeurs et titulaires de permis doivent vérifier que l’étalonnage est réalisé conformément aux attentes suivantes.

3.1 Documentation de la procédure d’étalonnage

Avant d’étalonner toute marque ou tout modèle spécifique de radiamètre, la personne qui effectue l’étalonnage doit disposer d’une procédure d’étalonnage documentée, disponible pour inspection et évaluation, qui se compose des éléments suivants :

  1. description générale de la méthode d’étalonnage
  2. identification et preuve de vérification des incertitudes liées au dispositif de montage, à la source, aux atténuateurs et à la correction de la désintégration liée à l’incertitude totale de l’étalonnage
  3. procédures par étapes, comprenant de préférence le manuel du fabricant, afin de montrer que l’on dispose de suffisamment de renseignements pour faire fonctionner l’appareil, pour effectuer le contrôle pré-étalonnage et pour étalonner le modèle spécifique de radiamètre

3.2 Contrôle pré-étalonnage du radiamètre

Avant l’étalonnage, chaque radiamètre doit être soumis à un contrôle pré-étalonnage comportant les éléments suivants :

  1. vérification de la pile pour assurer une alimentation électrique adéquate pendant tout le processus d’étalonnage
  2. vérification de la tension électrique de fonctionnement
  3. vérification étendue du fonctionnement dans toutes les plages de fonctionnement du radiamètre

3.3 Attentes en matière de caractéristiques physiques et environnementales des dispositifs de montage de l’étalonneur et des radiamètres

  1. Le dispositif de montage de l’étalonneur de faisceau doit être installé :
    1. de manière à minimiser la diffusion du rayonnement et à au moins 1 m du sol, du plafond et de toute paroi verticale. Il doit y avoir au moins 0,5 m entre tout objet diffuseur et la source
    2. dans un endroit exempt de toute interférence provenant de sources de rayonnement ionisant autres que la source d’étalonnage
    3. dans un endroit où les champs électrostatiques, électriques et magnétiques et les autres sources de rayonnement non ionisant, comme les ondes radiofréquence et micro-ondes n’auront pas d’incidence sur la réponse de l’instrument
  2. Le radiamètre à étalonner doit :
    1. être placé sur le dispositif de montage de manière à minimiser les distorsions dues au géotropisme, à la dépendance directionnelle et au manque d’uniformité du faisceau de rayonnement de la source à travers le volume du détecteur
    2. avoir toute fenêtre ou blindage bêta en position optimale (habituellement fermée) pour obtenir la meilleure courbe de réponse en énergie (c’est-à-dire la courbe la plus plane)
  3. L’incertitude de la distance d’étalonnage ne doit pas être supérieur à 2 % et elle doit correspondre à la somme arithmétique de l’incertitude de l’échelle de distance du dispositif de montage, de l’incertitude de l’emplacement matériel et du repositionnement du radiamètre, de l’incertitude de l’emplacement du centre de la source lorsqu’elle est fixée au dispositif de montage et l’incertitude du centre du volume sensible du détecteur du radiamètre.
  4. Le radiamètre à étalonner doit être stabilisé aux valeurs de température, d’humidité et de pression de la zone où est effectué l’étalonnage. Ces paramètres environnementaux devraient être pris en note et ils doivent être dans la plage de valeurs approuvée précisée par le fabricant du radiamètre. Il est recommandé d’étalonner ces instruments à environ 20 °C (68 °F) et 101,3 kPa (1 atmosphère) ou aux valeurs des conditions d’exploitation prévues. Il est à noter qu’il est nécessaire d’ajuster la réponse de certains radiamètres en fonction de la température et de la pression. Ces corrections doivent être apportées lorsque requis.
  5. L’étalonnage devrait avoir lieu à un endroit où le rayonnement naturel (ou ambiant) est connu et les corrections appropriées devraient être appliquées pour compenser la contribution de cette source d’erreur potentielle. Ceci est particulièrement important lorsque les mesures sont prises dans les plus petites plages du radiamètre.

3.4 Attentes relatives aux sources d’étalonnage

Il est préférable que la source d’étalonnage contienne le même isotope de référence que celui du fabricant, en particulier si l’on suppose que la réponse d’énergie est celle précisée par le fabricant. Quel que soit l’isotope utilisé, on doit connaître la valeur du débit de dose indiqué par l’appareil en fonction de l’énergie fournie et elle doit être à 30 % près au vrai débit de dose dans tout le spectre d’énergie d’intérêt. L’incertitude de l’activité de la source d’étalonnage (ou le débit de dose) ne doit pas dépasser ± 10 %. Cette incertitude doit comprendre celle des atténuateurs (utilisés seuls ou combinés), s’ils font partie intégrante de l’assemblage de la source. Un certificat de source d’étalonnage doit être disponible pour inspection et, comme condition minimale, il doit être possible de retracer implicitement la source en fonction d’une norme nationale ou internationale jusqu’à son fournisseur. L’activité de la source d’étalonnage doit être corrigée en fonction de la désintégration radioactive à une fréquence qui assure que l’activité présumée est à ±1 % de sa vraie valeur.

3.5 Attentes relatives à l’étalonnage du radiamètre

Chaque radiamètre doit être étalonné jusqu’à sa plage de mesures la plus élevée ou jusqu’à la plage de 10 mSv/h, soit la plus basse de ces valeurs. Il faut suivre la méthode d’étalonnage recommandée par le fabricant, s’il y en a une, et l’étalonnage doit être vérifié à environ 20 % à 25 % et à 75 % à 80 % de la mesure de chaque plage ou dizaine. Les mesures doivent être prises en note avant et après tout réglage de correction d’étalonnage nécessaire (ou préférée). Un radiamètre répond aux critères d’un étalonnage adéquat lorsque chaque mesure observée est à ± 20 % du débit de dose attendu. Il n’est pas nécessaire de faire l’étalonnage pour les valeurs supérieures à 10 mSv/h, mais il faut vérifier la réponse dans chaque plage de valeurs, et vérifier, dans la mesure du possible, que l’appareil affiche des débits de dose croissants lorsqu’on diminue la distance d’étalonnage.

3.6 Attentes relatives à la tenue de dossiers

Immédiatement après l’étalonnage, la personne qui a effectué ce dernier doit remplir un certificat d’étalonnage ainsi qu’une étiquette d’étalonnage durable indiquant la date de l’étalonnage et qu’il collera sur le radiamètre. La personne qui effectue l’étalonnage doit remettre le certificat original avec le radiamètre à son utilisateur. Si un radiamètre ne répond pas aux critères d’étalonnage, la personne qui effectue l’étalonnage doit immédiatement avertir la personne qui a demandé l’étalonnage. La personne qui a effectué l’étalonnage peut, si elle détient la formation ou l’accréditation requise, réparer un radiamètre avant de le remettre à l’utilisateur, si on lui demande de le faire. Après toute réparation qui excède les instructions du fabricant relatives à l’entretien normal, le radiamètre doit être étalonné de nouveau.

3.7 Documents d’étalonnage

Pour d’étalonnagePour satisfaire à l’article 20 du Règlement sur les substances nucléaires et les appareils à rayonnement, le titulaire doit être en mesure de présenter sur demande à la CCSN un document pour chaque radiamètre avec les renseignements suivants :

  1. Nom du titulaire de permis et numéro du permis délivré par la CCSN
  2. Marque et modèle du radiamètre, numéro de série du détecteur et type de sonde utilisée pour l’étalonnage, le cas échéant
  3. Source d’étalonnage utilisée, y compris l’isotope et l’activité
  4. Résultats des contrôles pré-étalonnage, ce qui comprend :
    1. état de la pile
    2. tension de fonctionnement
    3. température, pression et humidité au moment de l’étalonnage
  5. Pour chaque plage de valeurs étalonnée :
    1. la plage de valeurs sur le radiamètre qui a été étalonné
    2. le débit de dose attendu en utilisant l’appareil d’étalonnage
    3. le débit de dose observé sur le radiamètre avant et après l’étalonnage, avec les unités de mesure
    4. la variance calculée en pourcentage du débit de dose observé en fonction du débit de dose attendu
    5. toute particularité ou anomalie observée dans la plage en question
  6. Tout commentaire au sujet d’anomalies ou de problèmes associés à l’étalonnage du radiamètre en général
  7. Date de l’étalonnage du radiamètre
  8. Nom et signature de la personne qui a fait l’étalonnage
  9. Déclaration confirmant que l’étalonnage a été effectué conformément aux attentes de ce document

4.0 Tenue à jour des dossiers

Le titulaire de permis doit conserver les registres de tout étalonnage de radiamètres en vertu de la LSRN et de ses règlements. Ces registres doivent être conservés pendant la période précisée dans le permis ou les règlements, selon le cas.

5.0 Radiamètres appropriés

Les sections ci dessous traitent de l’utilisation du radiamètre approprié selon le type d’application.

5.1 Accélérateurs

Les accélérateurs produisent de très brèves impulsions de rayons X de haute énergie. Par conséquent, les radiamètres à chambre d’ionisation sont les radiamètres recommandés pour la mesure des débits de dose, car ils donnent des mesures précises dans des champs de rayonnement pulsés. Les détecteurs du type Geiger-Müller (G-M) ne conviennent pas et ne seront pas acceptés pour les mesures de débit de dose dans les installations d’accélérateur, car ils présentent habituellement une réponse non linéaire aux impulsions brèves de rayons X de haute énergie. Cependant, on peut les utiliser pour effectuer le balayage d’une pièce pour identifier les « points chauds » pendant le contrôle radiologique d’une pièce, pourvu que les débits de dose soient ensuite mesurés avec une chambre d’ionisation ou un autre instrument approprié. On peut également utiliser les détecteurs G-M pour mesurer le rayonnement gamma produit par des composants activés ou des accessoires, comme les sources étalons. D’autres types de radiamètres, comme les scintillateurs, seront évalués au cas par cas, mais ne seront pas acceptés à moins que le demandeur ne démontre clairement, avec les spécifications du fabricant ou des essais indépendants à l’appui, que l’instrument convient pour mesurer les débits de dose produits par un rayonnement X pulsé de haute énergie.

5.2 Radiamètres appropriés – Cyclotrons

L’utilisation d’instruments dotés d’affichage analogique (par exemple, l’équipement de mesure par déviation magnétique) ne convient pas dans les champs magnétiques puissants présents à proximité immédiate des cyclotrons.

5.3 Radiamètres appropriés – Sources scellées

Dans le cas des sources scellées, peu importe qu’elles soient contenues dans un équipement réglementé ou non, on peut utiliser tout type de gammamètre (par exemple, des détecteurs G-M, des chambres d’ionisation et des scintillateurs) si les spécifications de fonctionnement du fabricant confirment que l’instrument choisi convient pour la plage de débits de dose et d’énergies mesurés.

Si on utilise un détecteur G-M, il est préférable en général d’utiliser les modèles compensés en énergie. Si on utilise un G-M non compensé, il doit être étalonné expressément pour l’énergie en cause.

Dernière mise à jour :