Réponse de la CCSN à l’article « Point Lepreau : attention, danger! » publié le 20 mai 2011 dans L’Acadie Nouvelle

Au rédacteur en chef,

Je désire répondre à l’article « Point Lepreau : attention, danger! », qui prétend que la centrale nucléaire de Point Lepreau constitue un danger important pour le Nouveau- Brunswick et la baie de Fundy.

Point Lepreau est une centrale robuste, construite et exploitée de manière à résister aux phénomènes naturels et aux attaques extérieures susceptibles de causer des dommages importants, p. ex. les inondations, les ouragans, les séismes de magnitude élevée et les attentats terroristes. Le réacteur est conçu de telle sorte qu'il s’arrête automatiquement et rapidement advenant toute condition qui pourrait poser un risque.

Les centrales CANDU, dont celle du Nouveau-Brunswick, sont dotées de systèmes de sûreté fiables. Parmi ses caractéristiques particulières, on note la redondance des systèmes d’arrêt d’urgence, l’épaisse enceinte de confinement ainsi que la possibilité de refroidir le cœur du réacteur sans alimentation électrique.

La réfection en cours de la centrale comprend des systèmes de sûreté supplémentaires, dont l’ajout de recombineurs d’hydrogène, afin que celle-ci soit équipée de façon à dépasser les meilleures pratiques à l’échelle mondiale. C’est donc dire que la centrale, telle que construite à l’origine, était sécuritaire et qu’elle le sera davantage une fois les améliorations apportées durant la réfection.

M. Duguay, cité à maintes reprises dans l’article, cherche à répandre des peurs sans fondement lorsqu’il prétend par exemple que les centrales ontariennes rejettent des quantités importantes de radioactivité dans les Grands Lacs. En fait, ces rejets sont minimes et n’ont en aucun temps posé de risques pour la population et l’environnement.

La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) exerce une surveillance vigilante de même qu’un contrôle étroit sur les rejets des installations nucléaires. Les déversements accidentels de radioactivité, aussi faibles soient-ils, sont signalés à notre organisme et sont l’objet d’examens publics lors de réunions auxquelles tous peuvent assister.

À l’instar des autres organismes de réglementation nucléaire dans le monde, et ce, même si nous sommes persuadés de la sûreté de l’exploitation des centrales nucléaires canadiennes, la CCSN a entrepris un examen exhaustif de la sûreté des installations dont elle assure la surveillance.

Cet exercice nous permet de nous assurer que les leçons tirées de l’accident de la centrale japonaise de Fukushima sont intégrées à la poursuite des activités aux différents sites nucléaires au pays.

À la suite de notre examen, les exploitants devront prendre toute mesure jugée nécessaire par la CCSN pour continuer à protéger la population et l’environnement.

Énergie Nouveau-Brunswick a déjà pris les mesures immédiates requises par la CCSN et précisées dans une lettre qui lui a été envoyée par la CCSN le 17 mars 2011. Énergie Nouveau-Brunswick poursuit ses efforts afin de mettre en œuvre les mesures nécessaires à plus long terme.

Vos lecteurs peuvent être assurés que la CCSN ne délivrerait jamais un permis à un demandeur si elle avait des doutes concernant la sûreté des installations. Nous les invitons également à visiter notre site Web (suretenuclaire.gc.ca) afin d’en apprendre davantage sur l’exploitation sécuritaire du nucléaire au Canada.

Ramzi Jammal, premier vice-président
Commission canadienne de sûreté nucléaire